Johnny Lee, le génie de la Wii

Il s’appelle Johnny Chung Lee (son blog) et il fait des miracles avec une Wii (la fameuse console de jeu de Nintendo), et quelques dollars de matos supplémentaire, que l’on peut acheter n’importe où (« n’importe où » se dit « chez RadioShack » aux États-Unis).
C’est surtout la « Wiimote », la zapette de la Wii, qui l’intéresse, d’ailleurs. Elle comporte une caméra infrarouge pas ridicule du tout. Qui lui permet de réaliser, pour une poignée de dollars, un tableau interactif tout à fait plausible. Ou une sorte de pseudo écran tactile tout aussi géant. Ou encore un dispositif permettant de pénétrer dans un univers 3D.
Il a fort bien expliqué tout ça lors de son passage à TED en mars dernier, et la vidéo de son topo est désormais disponible (TED, Youtube). Désolé, c’est toujours en anglais, mais c’est plus pro que les vidéos de Johnny Lee, qui ont fait un tabac sur Youtube.
Souvent présenté comme un « jeune étudiant » (pour faire plus “petit génie” ?), Johnny Chung Lee est encore jeune  mais déjà chercheur, il prépare une thèse au Human-Computer Interaction Institute de la Carnegie Mellon University (Pittsburgh, PA), l’un des meilleurs campus du monde. On n’est pas inquiet pour lui. 

Posted on mar. 15 avr. 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments1 Comment

L'aérogel malais isole bien moins cher

aerogel.jpgL’aérogel est le matériau solide le plus léger du monde. Avec une densité de quelque 3 grammes par litre, il est 10 fois plus léger que le polystyrène expansé, deux fois plus lourd que l’air. Cela parce qu’il en contient 99,8%, d’air. Transparent, ce matériau supporte sans bobo 2000 fois son poids et ne fond qu’à 1200 °C. Enfin, c’est un isolant thermique hors norme. Il est par exemple 37 fois plus isolant que la laine de verre, très largement utilisée dans le bâtiment.
Inventé en 1931, l’aérogel reste cher. La variété la plus courante,  l’aérogel de silice (qui est en quelque sorte du verre battu en neige), est commercialisé à près de 2000 € le Kg, soit 6 € le litre. Ce qui limitait jusqu’à présent son usage à quelques niches scientifiques et industrielles.
Quoi de neuf ? Une jeune chercheuse de l’Université technologique de Malaisie, Halimaton Hamdan, diplômée de l’Université de Cambridge, a récemment trouvé une solution pour diviser par cinq le coût de production de l’aérogel de silice. Qui plus est, en utilisant comme matière un déchet agricole, le son (l’enveloppe du grain) de riz. Une fois industrialisé, son procédé fournirait donc de l’aérogel à quelque 400 € le Kg, un peu plus de 1 € le litre. Encore trop cher ? C’est de toute façon une étape, d’autres progrès pourraient suivre. Et souvenons-nous que ce matériau isole 37 fois mieux que la laine de verre : il en faut donc 37 fois moins pour un même résultat…
Isolation ? Mais au fait, n’ai-je pas entendu dire que nos logements jettent la chaleur par les fenêtres (mais aussi les murs, le toit…) ? Au point que, très logiquement, le tout premier effort à fournir, le plus trivial pour diminuer nos émissions de gaz à effet de serre consiste précisément à améliorer leur isolation ? Autant dire que l’avenir de la planète dépend d’inventions comme cet aérogel moins cher. Merci, Halimaton Hamdan. Via Ecogeek. rue89_small.gif

Posted on jeu. 10 avr. 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments4 Comments

Dessine-moi un éléphant !

Quelqu’un peut m’expliquer ce qui se passe, là ? La brave bête reproduit, bêtement, des gestes enregistrés à force de dressage ? Si vous le dites. N’empêche, j’aimerais avoir le geste aussi précis. Mais je n’ai pas de trompe.

Si un éthologue de passage pouvait nous éclairer… rue89_small.gif

Posted on dim. 6 avr. 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments8 Comments

Hydro… lien (2)

Seagen.jpgL’énergie de la mer a franchi une étape symbolique. Seagen, la première hydrolienne de production dépassant le mégawatt vient d’être posée par 24 mètres de fond, dans le détroit de Strangford, en Irlande du Nord. L’un des plus puissants courants de marée du monde lui permettra de produire jusqu’à 1,2 MW d’électricité en pointe, pendant 18 à 20 heures par jour. L’installation, partiellement émergée, comporte un pylone central, sur lequel un bras mobile portant deux hélices circule entre une position basse de production et une position haute facilitant la maintenance. Les deux hélices bipales de 16 mètres d’envergure sont réversibles, afin d’exploiter le courant aussi bien lors de la marée montante que descendante.
Seagen devrait être opérationnelle dans quelques semaines et reliée au réseau électrique cet été. Elle doit alimenter un millier de foyers. Le constructeur, Marine Current Turbines, prolonge ainsi l’expérience acquise depuis l’installation en 2003 de l’hydrolienne Seaflow de 300 kW à Lynmouth, près de Cardiff (dont nous parlions ici). La suite ? Une ferme de sept hydroliennes totalisant une puissance crête de 10 MW devrait être installée d’ici 2012 au large de l’île Galloise de Anglesey.
L’installation de Seagen confirme la position de pionnier de la Grande-Bretagne en matière d’énergie de la mer. On sait qu’elle risque d’être quelque temps handicapée par un coût élevé, induit par la spécificité du milieu marin (corrosion, accessibilité…). Mais on sait également qu’elle représente un vaste potentiel (surtout l’énergie des vagues), tout particulièrement pour une nation encerclée par la mer et qui dispose d’un “savoir-faire-sous-la-mer” développé pour l’exploitation du pétrole offshore. rue89_small.gif

 

Posted on sam. 5 avr. 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments4 Comments

Allègre… ment ?

Allgre_courbe.jpgIl remet ça ! Je viens tout juste de rappeler ailleurs (mon article du 18 mars sur Bakchich) que Claude Allègre est un multirécidiviste du foutage de gueule parascientifique, et voila qu’il apporte encore de l’eau au moulin. C’est dans Le Point, cette fois, que le tonitruant géologue livre son dernier tombereau d’insultes à l’intelligence. On ne sait plus comment qualifier les procédés indignes par lesquels l’ex-ministre et ex-scientifique tente de convaincre le grand public qu’il défendrait légitimement, face au consensus scientifique sur le réchauffement climatique, un point de vue original, mais étayé scientifiquement.
Or il n’en est rien. Rien de rien. Claude Allègre a beau avoir derrière lui une carrière de chercheur, c’est avec des méthodes de vendeur de bagnoles d’occasion (pardon pour eux) qu’il défend son credo pas crédible.
Comme le montre méthodiquement sur son blog notre confrère de Libération, Sylvestre Huet, le géochimiste appuie sa dernière “démonstration” dans Le Point sur deux énormités de fort calibre. Ainsi, bille en tête, il nous sort de derrière les fagots une courbe qui démontrerait que, pas du tout, la planète ne s’est pas réchauffée pendant ces 20 dernières années, puisque, justement, elle aurait perdu, d’un coup, l’année dernière, les 0,6° C gagnés entre 1988 et 2007. Et il nous la montre, cette courbe qui tue, que je vous invite à étudier.
Que voit-on, sur cette courbe ? Que la température de la Terre aurait baissé effectivement de 0,6° entre… janvier 2007 et janvier 2008 ! Alors que les climatologues étudient l’évolution, à l’échelle du siècle, de la température moyenne du globe, notre zigoto montre du doigt le mois de janvier 2008, effectivement l’un des plus froids depuis longtemps, et janvier 2007, qui fut particulièrement chaud. Claude Allègre a trouvé des chiffres qui l’arrangent, en l’occurrence des moyennes mensuelles qui dégringolent.
Le grand scientifique nous enfume avec la météo de l’année dernière. Son papier commence d’ailleurs par une pénible récitation d’épisodes frisquets ayant marqué ici ou là l’année 2007. Il nous la joue façon “Café du commerce” : rendez vous compte, ma brave dame, en 2007 il a fait froid en Afghanistan, à Athènes, en Chine, en Argentine… Il évoque ainsi pas moins de 19 régions particulières… où il a fait particulièrement froid. Après avoir subi ce déluge “impressionniste”, le lecteur est à ce point réfrigéré qu’il ne peut qu’avoir perçu le message subliminal : 2007, une année froide. D’un scientifique, on attendrait des chiffres, il n’en donne qu’un : « en Sibérie, le thermomètre a battu cette année des records à -60° C. » Convaincu ?
Pendant qu’il nous endort avec ces salades, Claude Allègre oublie de nous livrer cette information provenant du GISS (Goddard Institute for Space Studies) de la Nasa : globalement, l’année 2007 a été la deuxième année la plus chaude, ex aequo avec 1998, mais après 2005, depuis que l’homme enregistre des températures. Globalement, comme dans “réchauffement global”.
Et les courbes du GISS, qui montrent des moyennes annuelles ou lissées sur 5 ans, racontent une tout autre histoire que la fable de Claude Allègre.

Posted on ven. 28 mars 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments17 Comments

Brumisateur incorporé chez l'éléphant

spraying_elephant.jpgCet éléphant a chaud. Normal, la température dépasse ici les 45° et l’ombre est rare. Cet éléphant a chaud, alors tout naturellement il s’asperge. La scène serait donc d’une totale banalité… s’il y avait de l’eau  à proximité. Or, précisément, cet éléphant, comme son groupe, a fait de longs kilomètres dans le désert de Namib pour venir se régaler ici, dans les hauteurs, d’une plante introuvable plus bas, là où il a bu le matin même. Et c’est d’un réservoir interne, située derrière sa langue, que le pachyderme régurgite ainsi en tout plusieurs litres d’eau qui lui permettent de se rafraîchir, à peu près toutes les 20 minutes, pendant des heures. Notez qu’il vise son oreille, vaste et très vascularisée, qui joue un rôle de radiateur chez cet animal.
Le phénomène était connu mais rarement observé, et n’avait surtout jamais été filmé. C’est chose faite dans un documentaire réalisé pour la BBC, par le photographe Martyn Colbeck, un grand connaisseur des éléphants. Précisions (en anglais) sur le documentaire ici, petite vidéo là.

Posted on jeu. 27 mars 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments2 Comments

Un stylo pour noter l'oral par écrit

Pulse_Smartpen.jpgC’est un objet de rêve pour tout journaliste. C’est un stylo, pour prendre des notes par écrit, et aussi un dictaphone, pour  enregistrer la bande son d’une interview, conférence…
De retour au bureau, l’objet devient magique. Car il suffit de repasser le stylo sur une note pour entendre le son enregistré quand elle a été prise. Les notes sur le papier servent de curseur temporel pour accéder au son.

Le Pulse Smartpen de Livescribe n’est pas seulement destiné au journaliste, mais à tous ceux qui doivent prendre et consulter des notes écrites et/ou orales. Il est livré avec un logiciel qui permet d’importer et de travailler sur PC l’écrit et l’oral. Doté d’une mémoire de 1 Go, il stockera 100 heures de son et 16 000 pages de texte dans sa version de base à 149 $, tandis qu’une autre à 199 $ offrira une capacité double. La date de sortie n’est pas encore connue.
L’objet a été dévoilé à DEMO08, la semaine dernière à Palm Desert, à deux heures de Los Angeles. Ce défilé de démonstrations au pas de charge est  l’un des événements les plus prisés pour lancer un produit high-tech.

Le Pulse Smartpen s’appuie sur la technologie de stylo numérique présentée en 2001 par le suédois Anoto, qui n’a depuis jamais fait un tabac, malgré des qualités évidentes. Elle repose sur l’interaction du stylo, qui est doté d’une minuscule caméra infrarouge, avec un papier spécial, sur lequel un motif non répétitif de points  est imprimé à l’encre infrarouge. Un algorithme permet au stylo de déterminer, uniquement à partir des points qu’il détecte, sa position exacte sur la page. Ce qui ouvre la porte à toutes sortes de possibilités d’interaction. Ainsi on commande le Pulse Smartpen en « cliquant » sur des « touches » imprimées sur chaque page du bloc de papier fourni avec le stylo.

Au delà de l’intérêt du produit, je vois dans ce Pulse Smartpen comme un énième retour de « l’interface stylo ». Un vrai serpent de mer. Qui vient bousculer un peu le prêt-à-porter futurologique qui nous raconte un avenir forcément tactile.  rue89_small.gif

Posted on jeu. 7 févr. 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments15 Comments

Cette lentille augmentera notre réalité

UW-contactlens.jpgOui, c’est bien une lentille de contact. Un peu spéciale, puisqu’elle comporte un écran. Désolé, ce prototype n’est pas encore fonctionnel. L’intégration du circuit électronique dans l’épaisseur de la lentille est au point, mais l’affichage par LED n’est pas opérationnel.
Une équipe de l’Université de Washington (Seattle) dirigée par Babak Amir Parviz a présenté cette impressionnante “preuve de concept” ce jeudi, 17 janvier, à la IEEE MEMS 2008 Conference (Tucson, Arizona).

Pour quoi faire ? D’abord, faire avancer le vieux rêve du Wearable Computing, cette informatique que l’on porte sur soi, comme une seconde nature. Sans même une paire de lunettes, c’est directement dans le regard que nos outils numériques visualiseront… tout ce que l’on voudra : agenda, contacts, directions à suivre, météo, news, TV, ciné, web…
Second niveau, qui suppose quelques prouesses supplémentaires : c’est la “réalité augmentée” (Augmented Reality) sans lunettes qui nous est promise. En fournissant des images correspondant à chaque instant à la direction du regard, une paire de lentilles de ce genre pourra “augmenter” notre réalité, plaquer sur notre environnement visuel des suppléments d’âme. Le monde nous apparaîtra ainsi revisité, enrichi de divers compléments : informations, signalisations, décorations, simulations…
Mais ce n’est pas fait. Et nous ne savons ni ce qui sera utile, ni ce qui plaira. Revenons à nos lentilles. Au cours des premiers tests de compatibilité biologique, les lapins ne semblaient pas affectés. Il y a encore fort à faire. Comme l’intégration des dispositifs de communication et d’alimentation électrique sans fil. Mais les premiers obstacles sont franchis. rue89_small.gif

Posted on jeu. 17 janv. 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments10 Comments

VeriChip, la puce RFID qui fait délirer

Verichip-riz.jpgUne perle que je viens de trouver.

« Insérée sous notre peau et alimentée par notre chaleur corporelle, cette puce, VeriChip, est capable de communiquer en permanence des paramètres à un système de satellites, permettant ainsi de nous localiser avec précision où que nous soyons dans le monde […] »

Moi qui collectionne les dérapages à propos des technologies, je suis gâté.

C’est dans le dernier numéro de Marianne, au beau milieu d’un papier de saison sur Big Brother. À quelques virgules près, tout est faux. La VeriChip n’est pas le moins du monde capable de “communiquer en permanence des paramètres” et certainement pas à “un système de satellites” qui pourrait prétendument “nous localiser avec précision où que nous soyons dans le monde”.
Selon le fabricant, la VeriChip peut être interrogée à l’aide du lecteur qu’il vend, jusqu’à… 6 cm. Un satellite passant à 300 km serait 5 000 000 fois plus loin de sa cible. Or, l’énergie nécessaire à une transmission varie comme le carré de la distance. Sortons nos calculettes : il faudrait donc multiplier la puissance disponible dans la puce par un facteur 25 000 000 000 000.
Le coup de la puce RFID qui parle à l’oreille des satellites est un classique, mais ici il y a du rab : elle serait “alimentée par notre chaleur corporelle”. J’en rigole encore. Notez que l’idée est ancienne. Les pistes ne manquent pas, mais… ce sont des pistes. Quant à trouver de quoi émettre à 300 km…
La Verichip existe. Il s’agit d’une banale puce de radio-identification passive (sans source d’énergie), dont la mémoire contient un code à 16 chiffres, qu’elle émet (en clair) lorsqu’elle est interrogée sur la fréquence de 134 kHz par un lecteur ad hoc, qui lui fournit l’énergie dont elle a besoin par induction magnétique. Cette puce est encapsulée dans une ampoule biocompatible, ce qui la rend implantable. Plusieurs fournisseurs proposent ce type de produit, destiné à l’identification d’animaux d’élevage, domestiques ou sauvages, dans le cadre d’observations scientifiques. Mais seul la VeriChip a obtenu (en 2004) une autorisation de la FDA états-unienne pour son usage chez l’homme.
Depuis, son fabricant cherche à la caser, pour des applications souvent bidons. Du genre : faites-vous pucer, et l’on saura vous identifier et retrouver le moment venu votre dossier médical en deux coups de cuiller à pot, même si vous êtes dans un sale état. Je recommande aux paranos de se faire plutôt tatouer leur numéro de sécu un peu partout ;-) Discours similaire à propos des personnes n’ayant plus toute leur tête, alors qu’on trouve sur le marché des solutions externes (montres) plus convaincantes. Pire encore : la VeriChip fut commercialisée dès 2003 au Mexique pour rassurer les parents contre le risque d’enlèvement d’enfants (Wired ).
Mais le plus fort, c’est que l’on a réussi à faire passer la VeriChip pour un truc capable de sécuriser, par exemple, l’accès à des locaux. Des employés de la justice mexicaine sont ainsi porteurs d’une puce VeriChip qui leur permet de passer des portes contrôlées par un lecteur RFID. Or, la journaliste états-unienne Annalee Newitz a montré en mai 2006 dans Wired que l’on peut cloner en dix minutes cette puce simplette. Jonathan Westhues, l’auteur de cette démo, explique sur son site comment réaliser pour 20 $ un appareil capable d’écouter une VeriChip et de reproduire son signal. Donc d’ouvrir les portes soit-disant sécurisées.

Bien sûr que des tentations Big Brother existent, qu’il faut rester vigilant, refuser d’échanger trop de liberté contre un peu de sécurité illusoire. Mais cela n’empêche pas de considérer calmement ce dont sont vraiment capables ces gadgets orwelliens que des marchands de soupe survendent pour mieux les fourguer aux fous qui nous gouvernent, ici et là.

Posted on mar. 15 janv. 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments14 Comments

Nanosolar lance le solaire pas cher

Nanosolar.jpg

En cette période festive, on finirait par croire que la high-tech ne sert qu’à produire des jouets coûteux. Pourtant, Wii et iPhone font pâle figure devant une annonce récente bien plus lourde de conséquences pour notre avenir à tous.

La jeune société Nanosolar, fondée en 2002 à Palo Alto par deux anciens étudiants de Stanford (oui, comme Yahoo, Google…) vient de livrer ses premiers panneaux solaires photovoltaïques, reposant sur une technologie à couche mince qui lui permet d’un coup de diviser par deux le coût du watt solaire. Sic.
Dès qu’il aura atteint sa vitesse de croisière, son outil de production (cellules fabriquées à San Josè, Californie, assemblage des panneaux à Berlin) devrait livrer chaque année de quoi produire 430 MW (puissance crête) d’électricité. Parions que d’autres unités de production, que des concurrents suivront.
Les panneaux solaires traditionnels sont réalisés à partir de tranches de silicium cristallin ultra purifié, la matière première des circuits intégrés. Son coût reste élevé, notamment parce que sa production est énergivore. La technologie de Nanosolar repose sur un matériau semi-conducteur sophistiqué, le CIGS (Cuivre Indium Gallium Sélénium), mais déposé en quantité infime sur le support. Une douzaine d’entreprises suivent déjà cette piste des “couches minces”. Nanosolar les a distancées également sur un autre terrain. Son procédé de fabrication est totalement continu (vidéo) et s’apparente à l’imprimerie. Quatre “encres” sont ainsi déposées successivement sur une bande métallique souple et économique.

La start up affiche un objectif ambitieux : 1 $ le watt. S’il était confirmé, c’est un véritable bon en avant que connaîtrait la filière photovoltaïque. Or cette source d’énergie renouvelable et non polluante est déjà celle qui connaît aujourd’hui la plus forte progression. Selon le Earth Policy Institute, la production de cellules photovoltaïque double tous les deux ans depuis 2002. Elle devrait atteindre 3,8 GW pour 2007, tandis que la puissance installée cumulerait 12,4 GW.
Rappelons qu’il suffirait de couvrir de panneaux photovoltaïques la moitié de ses toits pour assurer à la France la totalité de sa consommation électrique. Mais ajoutons que ce calcul théorique laisse de côté le défaut essentiel de cette filière énergétique : elle produit… quand il y a du soleil. Mais on a quelques idées pour contourner ce problème… rue89_small.gif

Posted on lun. 31 déc. 2007 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments34 Comments