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Phoenix shooté par la sonde MRO

PhoenixMRO-240.jpg

Le cliché

C’est la photo sportive du siècle ! Après un voyage de 10 mois et 680 millions de Km depuis la Terre, la sonde martienne Phoenix Mars Lander est en train de freiner des quatre fers pour préparer son arrivée en douceur sur la planète rouge. Après avoir perdu l’essentiel de sa phénoménale vitesse de croisière (20 500 Km/h) par la seule friction de l’atmosphère martienne sur son bouclier thermique, la sonde vient de déployer son parachute, à une altitude de 12,6 Km. Sa vitesse est encore en train de décroître sévèrement, des milliers aux centaines de Km/h. Dans moins de trois minutes, Phoenix se posera sur le sol gelé de l’arctique martien.

MRO-120.jpgLe photographe

Mais Phoenix n’est pas seul. À quelque 310 Km en orbite autour de Mars, la sonde Mars Reconnaissance Orbiter (MRO) fait un peu, depuis novembre 2006, le même job que Phoenix, mais d’en haut : elle traque l’eau sur la planète rouge. Elle dispose pour cela de divers instruments, dont une formidable caméra, comme on n’en a encore jamais envoyé aussi loin. Elle photographie des détails du sol martien avec un pixel de 30 cm.
Voilà comment, ce dimanche 24 mai 2008, à 23h36 TU, Mars Reconnaissance Orbiter peut photographier à des centaines de Km de distance le Mars Phoenix Lander pendu sous son parachute de 10 mètres de diamètre. Notez que l’on devine sur l’image les suspentes reliant la sonde à son parachute.

MRO_HiRise-180.jpgL’appareil

Pour réaliser un tel cliché, MRO est équipé d’un instrument peu banal, dénommé HiRISE. Doté d’un télé-objectif à miroirs (cinq en tout, dont deux pour « plier » le chemin optique) de compétition, affichant une ouverture de 500 mm. Et d’un boîtier électronique que l’on ne trouve pas dans le commerce. Par rapport à nos malheureux clic-clac numériques, cet engin bénéficie d’un avantage de taille : étant perpétuellement en mouvement, il peut prendre toutes ses images par balayage et se contenter d’un capteur linéaire. Oui, vous avez bien compris, comme n’importe quel scanner.
En l’occurrence, ce capteur de course est constitué de 14 barrettes de 2048 pixels dans la longueur (sur 128), dont 10 travaillent dans le rouge. Car MRO ne voit pas les couleurs en RVB comme nous, mais dans une trichromie un peu décalée : infrarouge proche (800-1000 nm), rouge (550-850 nm), vert-bleu (400-600 nm). Sa définition dans le rouge atteint 20 264 pixels.

MRO_TerreLune.jpg

Voilà qui permet de prendre des images très détaillées du sol martien, en balayant le paysage. Mais la sonde MRO peut aussi à l’occasion photographier une consœur de passage, comme on vient de le voir, ou bien se retourner vers nous, pour prendre ce cliché d’octobre 2007, sans équivalent, où l’on voit la Terre ET la Lune, à 142 millions de Km de distance. 

Posted on mar. 27 mai 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | CommentsPost a Comment

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