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Lost in (hi-tech) translation

La traduction high-tech a encore frappé. C’est le site de la BBC qui nous offre ce bug de toute beauté. Cela se passe à Swansea, au Pays de Galles. Ce panneau bilingue, anglais-gallois, comme le veut la règlementation locale, n’est pas resté longtemps en place. Et pour cause. En anglais, il dit que, non, les camions ne doivent pas aller par là, vu que le quartier est résidentiel. En gallois, il explique : «Je ne suis pas à mon bureau actuellement. N’hésitez pas à envoyer vos textes à traduire.» Ce qui fait un peu désordre. On devine ce qui s’est passé : un employé de la voierie a envoyé le texte à traduire au traducteur maison, et il a reçu en retour un mail automatique signalant que ce dernier était absent. Le tout en gallois. Via Presse-citron

Ce dérapage “Aïe ! tech” me fait penser à un bug (vu ici) d’un genre un peu différent, qui m’avait fait hurler de rire, cet été. Cela se passe en Chine, en plein préparatifs olympiques. Ce restaurant voulait parler en anglais aux visiteurs du monde entier. Il a fait appel à la traduction automatique… 

Posted on dim. 2 nov. 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments3 Comments

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Reader Comments (3)

Bonjour! 11/11/08


c'est effectivement assez rigolo... mais c'est tout simplement de la bêtise humaine! Quant aux erreurs de la TA,

- j'ai moi aussi un livre "lost in translation" qui recense des centaines de traductions (humaines) gaguesques

- c'est AUSSI de la bêtise d'essayer d'utiliser des systèmes de TA "généralistes" pas seulement pour "avoir une idée" d'un texte en langue étrangère inconnue, ou pour en faire une "prétraduction" (si on est bilingue et veut traduire), mais pour "diffuser"...

À ceux qui se gaussent, on peut dire que:

- ils utilisent le plus souvent des services gratuits qui leur rendent un certain service, et même un service certain (comprendre "assez" des pages Web, ou des documents, voire "prétraduire"): même si on compte comme coût le temps d'attente, le rapport service/coût est extrêmement élevé !

- il existe pas mal de systèmes de TA SPÉCIALISÉS ("sur mesure", donc non gratuits...) qui traduisent bien mieux que des traducteurs humains (qui sont souvent des juniors "bizuths" qui ne veulent pas faire ça), comme :

. METEO pour les bulletins météo au Canada (1 mn de post-édition de la TA au lieu de 7 à 8mn pour la TH)
. ALTFLASH pour les brèves (flash reports) du Nikkei en japonais-anglais.

Et il y a aussi des systèmes "à domaines multiples" comme ATLAS-II v.13 (J<->E) qui sont impressionnants (5,44M entrées dans les dicos techniques, 1,5M pour les entrées plus généralistes, large couverture syntaxique)
- MAIS ils ne sont pas gratuits (prix comparables à ceux de InDesign ou Photoshop),
- ET il faut "régler" leurs paramètres, et surtout les utiliser à bon escient, en fonction de la TÂCHE envisagée, et des COMPÉTENCES de l'utilisateur.


Autre exemple: en Espagne, plusieurs journaux sont traduits tous les jours d'espagnol en catalan et galicie, par des systèmes développés par Comprendium dans l'environnement METAL.
La révision avant publication prend seulement 5mn par page alors qu'il faut 1h pour la traduction et la révision "classique", et 1/2h pour la traduction avec un outil comme Trados suggérant des traductions à partir d'une "mémoire de traductions" et de dictionnaires.


Les systèmes de TA, ce sont des OUTILS. On ne fait pas la même chose avec un pot de colle à bois et avec les outils de l'ébéniste... et ce ne sont pas les mêmes qui peuvent les utiliser.


Je conseille vivement à ceux qui doutent de l'utilité de la TA "bien comprise", i.e. bien utilisée, d'aller voir le site de Jeff Allen (http://www.geocities.com/mtpostediting/). En bref, sur des tâches professionnelles, un outil comme Systran (v5 ou v6) permet à un traducteur de produire 6000 mots/jour au lieu de 2500 (pour la même qualité).


Autre remarque: la notion de "qualité" de traduction, humaine, automatique ou automatisée, est très floue. On peut noter 2/20 de "qualité linguistique" et 18/20 d'"utilité" à un système (exemple de Systran en 1972 à Euratom, Ispra, sur du russe-anglais, jugé par des linguistes et par les atomistes utilisateurs).

Il faut aussi voir qu'on paye très cher l'interprétation simultanée, mais que, si on juge les transcriptions des résultats à l'aune de la traduction professionnelle, elles sont très très mauvaises... Simplement, ce n'est pas du tout la même tâche, et celle des interprètes est de "faire passer" la plus grande partie du sens (et de l'affect) en "temps réel". Elle est plus difficile du point de vue cognitif que la traduction de l'écrit, et... c'est pourquoi elle est bien mieux payée.

            Christian Boitet
chercheur (et développeur) en TA, TAO et TAL

mar. 11/11/08 16:38 | Unregistered CommenterChristian Boitet

@Christian Boitet
Bonjour !
Merci pour cette contribution d'un "pape" du domaine, qui éclaire sérieusement le sujet… sauf qu'en fait, le sujet de mon billet, comme vous le faites remarquer, serait plutôt la bêtise humaine, bien entendu.
Dans les deux cas évoqués, la "hi-tech" (courrier électronique dans un cas, traduction automatique dans l'autre) est simplement mal employée.
Pour ma part, je ne conteste nullement l'intérêt de la TAO, qu'il faut simplement ne pas prendre pour ce qu'elle n'est pas.

Cela me fait plaisir de vous retrouver ici… 

mar. 11/11/08 16:55 | Registered CommenterPierre Vandeginste

Bonjour,

J'avais moi-même signalé le panneau gallois sur L'Observatoire de la traduction, mais j'ai eu plaisir à lire votre billet ici et sur Rue89. En revanche, je suis surpris que les commentaires, qui tirent tous à boulets rouges sur la traduction automatique, ne relèvent pas ce qui me semble bien plus gênant dans l'affaire.

Lorsque le service municipal a fait appel au traducteur habituel pour obtenir le texte gallois, il a obtenu en retour un e-mail d'absence du bureau. C'est le texte de cet e-mail que le commanditaire a reproduit sur le panneau routier, le prenant pour sa traduction. Le client a donc trouvé parfaitement normal de recevoir une réponse instantanée à sa demande, que cette réponse ne contienne pas un mot dans sa propre langue, qu'il n'y aie besoin d'aucune autre forme de communication (téléphonique, par exemple), et, au passage, que la réponse ne soit pas facturée. Autrement dit, le client a pris le traducteur pour une machine. Cet aspect-là de la transaction est ce qui me glace le plus. A force de considérer les êtres humains comme des robots, on en récolte les fruits.

Bien à vous,

Guillaume de Brébisson
Agence de traduction Anyword

sam. 28/03/09 21:03 | Unregistered CommenterGuillaume de Brébisson

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