Second Life et ce qu’on en dit
Second Life, c’est fascinant… cinq minutes. Après, c’est chiant comme la mort. Seconde vie : on se dit que cela va nous faire des vacances, après la vraie vie où tout s’achète et tout se vend. Et qu’est-ce que l’on trouve là-dedans ? Un enfer marchand où il n’est question que de vendre et d’acheter. Des trucs encore plus futiles qu’ici-bas.
Second life, c’est un peu le virtuel au carré, rien à la puissance rien. Au départ il y a un truc très neuneu. Mais ensuite, il y a la « fabrication de l’illusion ». La com de Linden bidonne les chiffres, invente une vie rêvée genre prospectus de palace, raconte les fastes et les folles nuits à ne rien faire, mais virtuellement. C’est leur métier, après tout.
Ce qui est plus grave, c’est quand les médias (bien sûr, qu’il y a des exceptions, coco) reprennent cette soupe en choeur, sans recul, sans vérifier, et balancent des récits épiques, des fresques édifiantes.
Est-ce que les médias ont des actions chez Second Life ? Non, simplement nous vivons une époque où l’information a cédé la place à l’infodistraction (infotainment). L’info est utile parce qu’elle favorise la disponibilité des cerveaux. C’est pour ça qu’il faut toujours gonfler, gonfler, pour vendre une histoire, coco. La dentelle, on ne fait plus.
Et l’on arrive à ce résultat remarquable du virtuel virtualisé, du vide au carré : dans le cortex du « public », on plante l’idée qu’il existerait une vie bis à côté de la vie, un monde merveilleux, là-bas sur le web, où des millions de gens s’amusent comme des petits fous. Se prélassent dans des villas de rêve, s’éclatent dans des teufs d’enfer, s’envoient en l’air… Un paradis over IP.
Mais le problème des bulles, c’est qu’elles risquent d’éclater. Phénomène classique dans l’univers des technologies : après la « hype », les illusions, vient le temps de la déception. On commence à dire qu’il n’y a pas grand monde, là-dedans, qu’on s’y emmerde grave, qu’en fait de Second Life, c’est le pire de la vraie vie que l’on y trouve.
Aujourd’hui, c’est Fred Cavazza, éminent blogueur au rayon « Web 2.0 », pas hâbleur, qui dit : « j’y ai cru, je n’y crois plus » (en plus subtil, voir ici). Un guru qui se goure, qui l’admet et change d’avis, c’est rare et cela devrait faire réfléchir. On va peut-être enfin entendre ceux qui sont allé voir et ont trouvé que l’on s’ennuie à mourir, dans ce paradis.



Reader Comments (19)
Dans mon souvenir, passée la curiosité, ces réalités virtuelles étaient particulièrement déprimantes.
Au contraire, parlons en bien de Second truc pour que tous les emmerdeurs y aillent et nous foutent la paix dans la vraie vie…!!! Tous ceux qui nous polluent le midi en parlant fort au bistro, tous ceux qui viennent nous gonfler dans des coins sympathiques de leur beaufitude…
Imagine ! Tous ces chieurs collés devant leur écran, c'est autant de tranquillité gagnée dans la vraie vie…!
Aussi, vive second machin, si, si, les gars, faut y aller, restez commes des cons dans vos étables numériques et laissez nous gambader dans les prés…!!!!!
Fred c'est aussi le gourou qui a dit "youtube j'y crois pas". http://www.fredcavazza.net/index.php?2006/10/01/1284-youtube-dans-une-impasse
Bref, méfiez-vous des gourous...
LOL
YouTube, je "n'y crois pas" non plus. Mais que signifie "y croire" ?
Pour toi, dirait-on, cela signifie, "être vendable", puisque tu sembles vouloir dire que l'achat par Google pour 1,6 G$ contredit la prédiction de Fred. Dans ce cas tu as forcément raison.
Sous la plume de Fred, cela semble vouloir dire "économiquement viable à (long) terme". À moins que ce ne soit : "intéressant pour mes clients" (comme vecteur de com).
Moi aussi je ne suis pas certain que le modèle éco de YouTube soit très solide à long terme. Il repose tellement sur un crowdsourcing brut, je dirais même brutal, il apporte tellement peu de valeur ajoutée à ce que l'on apporte (contrairement à Flickr par exemple), qu'il pourrait se faire doubler par une offre plus sexy. Maintenant, bien entendu, Google peut lui faire changer de cap très vite. Par ailleurs, cela a été dit mille fois : comment financer une infrastructure qui resta assez coûteuse (notamment en bande passante).
Reste une question, sans doute la plus importante, à long terme : est-ce que ce petit jeu va amuser beaucoup de monde longtemps ? Question que l'on peut se poser à propos de nombreuses innovations actuelles, à commencer par les plus énormes, comme le blog.
Moi je doute. Des services de VoD offrant des programmes de qualité, dans tout un tas de domaines : OK. Après les 500 chaînes sur le câble, nous aurons les 5000 ou 50 000 fournisseurs de vidéo, avec des spécialités et des sous-spécialités.
Mais le YouTube actuel, cet espèce de mélange de vidéogag permanent, de catalogue de l'insolite, de n'importe quoi et j'en passe… cela pourrait ne nous amuser que quelque temps.
En convoquant des postulants pour un entretien sur SL, tu sélectionnes ipso facto un certain profil. Moi, j'ai beau avoir les idées larges, j'aurais tendance à préférer des candidats qui remplissent leur vie autrement qu'en allant palper l'épaisseur du vide sur SL.
Quel est l'intérêt d'un premier contact sous cette forme ? Au lieu d'être influencé par la tenue vestimentaire réelle du candidat, tu le seras par l'esthétique des ses fringues virtuelles ? Et le candidat qui existe déjà sur SL via un avatar destroy, il va devoir se bricoler un avatar costard cravate avant l'entretien…
1)ma boîte est dans l'IT , ceci explique peut etre cela.
2)elle ne cherche pas le costar cravate.
3)Comme beaucoup de chse je crois que l'esprit est plutot "on essaye 3 mois, puis on voit ce que ca donne.Mais si ca marche, on sera parmis les premiers."
J'ai déjà du mal avec la futilité en vrai, alors dans le monde virtuel, ça m'agasse encore plus.
Quel est l'intérêt d'acheter un vêtement sur SL avec de l'argent réel ? ... Si quelqu'un me trouve une raison valable, je mange du chat cru, assaisonné de sauce à base de chien et je ne déconne pas....!
Non, mais je ne suis peut être pas normale, mais quel est l'intérêt d'être dans un monde virtuel 24h/24... ?
Il ne faut vraiment pas avoir de passions, pas d'hobbies, ni d'ambition dans la vie pour être sur SL.
Un monde futile, où l'on n'y apprend rien, où l'on n'y fait rien... J'ai beau essayé de comprendre, je n'y arrive pas.
Tout à fait d'accord avec ta conclusion.
L'invention du virtuel par l'homme commence avec le langage. Lequel apparait lorsque Cro Magnon fait revivre des scènes de chasse, par des gestes puis la parole, autour du feu. Une autre étape est l'invention du roman par Cervantes, il y a quatre siècles : l'écrit, cette fois, permet à des millions d'hommes de "vivre" dans leur tête les aventures imaginaires de Don Quichotte.
Je ne nie pas que l'imagerie 3D et les techniques d'immersion sont de formidables outils, promis à un grand avenir.
Mais le langage reste la voie royale pour atteindre l'humain en nous.
J'ai lu attentivement les premiers posts de ce sujet jusqu'au moment où les argumentaires répétés m'ont lassée. Mais j'avoue avoir bien souri. Second life est un enfer marchand ? Bien entendu ! Pierre, auriez vous imaginé en allant sur second life (car bien entendu vous également vous êtes pris au jeu pour savoir si bien en parler) trouver un petit coin de paradis gratuit ? Pensiez vous que les auteurs de ce jeux "online" pourraient gérer une telle affluence sans en tirer un bénéfice ? Que dire du jeu "les sims" si ce n'est que ce jeu est très cher sans compter les additionnels alléchants qui ne sont pas donnés non plus. Le marché du jeu vidéo qui amène énormément d'argent aux concepteurs. Second Life est un loisir et comme tous les loisirs, il a un prix et des gens en font leur business. Personnellement, je suis sur secondlife depuis près d'un an. Le jeu du consommateur compulsif revient tout de même moins cher que les achats réels ce qui n'est pas moindre dans la conjoncture actuelle du pays où l'on compte au centime près. Cela vaut bien la part de rêve d'un bon film télé dans lequel on devient acteur ou d'un rp (jeu de rôles) qui ne coûte certainement pas plus cher que les jeux vidéos. Bien entendu à consommer avec prudence et modération comme toute bonne chose. Mais je préfère de loin rester avec mes "emmerdeurs" qui "polluent les bistrots en parlant trop fort" plutôt que de trainer trop longtemps avec des personnes qui n'ont qu'un but : cracher leur venin au sein d'un débat à propos d'un jeu qui finalement n'a eu le tort que de ne pas leur convmenir.
@Helisea
C'est vous qui voyez.