Sawfish scie sans souci sous l'eau
On croit connaître un peu sa planète et puis, régulièrement, on tombe sur un truc qui nous fait découvrir un recoin du monde réel dont on n’avait pas la moindre idée. L’engin visible sur la photo s’appelle Sawfish. Ce sous-marin de trois tonnes doté de huit caméras permet à des bûcherons un peu particuliers de scier, par téléopèration depuis la surface, des arbres considérables. Car on nous cache tout : il y a des arbres sous l’eau. Des vrais, en bois.
Le robot Sawfish est développé, fabriqué et exploité par Triton Logging, une entreprise de Vancouver qui exploite d’immenses forêts noyées au fond des lacs de barrage de la Colombie-Britannique. Je vous vois venir : est-ce que cela valait vraiment la peine d’inventer un robot spécial rien que pour aller couper quelques arbres sous l’eau ? Surprise : il y aurait quelque 300 millions d’arbres submergés dans les lacs artificiels du monde entier, dont la valeur est évaluée autour de 40 milliards d’euros.
Autre surprise : oui, ce bois est d’excellente qualité, son séjour sous l’eau l’a protégé de l’oxygène et des moisissures. Il se vend plutôt au-dessus du prix moyen et convient pour de nombreuses applications, dont la construction et le mobilier. Bien entendu, ce bois est tout ce qu’il y a de plus « vert », écologiquement parlant.
Reste une question qui me trotte dans la tête : pourquoi tous ces arbres n’ont-ils pas été coupés avant d’être noyés ? Pas rentable ? Peut-être que ces forêts étaient moins accessibles par voie de terre ? Quelqu’un a une idée ?
Via Inhabitat.



Reader Comments (8)
La déforestation à 2 conséquences : le rejet immédiat de CO2 quand le bois est brulé et la non captation du CO2 atmosphérique par les arbres coupé. C'est à peu près la même chose içi.
Je peux comprendre qu'il est sûrement préférable de couper ce bois immergé mais ce qui m'ennuie c'est que ces immenses fôrets immergés n'ont probablement pas été remplacées par le promoteur du barage...
Dans tout les cas ça de devrait s'arranger pour le Canada avec tout ces espaces gelés en train de fondre (cf. rapport du NCAR) on va pouvoir replanter des fôrets (en tout cas je l'espère) à la place des phoques et autres ours blanc...
Donc nous sommes d'accord. Moi je raisonnais APRÈS la construction du barrage. Maintenant, fallait-il immerger le bois, fallait-il construire le barrage, ici ou là…
Cela dit, tout barrage est d'une certaine façon une tranche de centrale thermique en moins et sur le long terme, évite de brûler du pétrole (charbon, gas, shiste bitumineux dans le futur, dans le cas du Canada).
Mais comme tu dis, le Canada est l'une des contrées où il y aura bientôt moyen de planter massivelent de la néo-forêt.
J'espère qu'il n'est pas trop tard pour intervenir sur cette conversation de l'an dernier ;-)
Voilà, j'ai été bien entendu épaté de découvrir ce sub-robot-bucheron - merci Pierre Vandeginste de me l'avoir fait découvrir. Je me suis ébaudi de la simplicité de débardage : laisser l'arbre remonter à la surface par la poussée d'Archimède (ces Grecs n'ont pas fini de nous surprendre), puis le guider sans effort (très économe en énergie) vers la rive pour l'ébranchage et le débit etc. Quelles économies par rapport à une exploitation "normale" !
Mais ce qui m'a fait réagir, c'est le mot "déforestation" employé par Eric.
Déforestation à mon sens s'entend plutôt d'entrepreneurs voyous intervenant à grande échelle dans le tiers monde, avec la complicité de gouvernements crapuleux et corrompus et, par conséquent, sans aucune part au bilan écologique de leur action.
Non ?
Dans le cas présent, j'avais plutôt l'impression qu'il s'agissait d'une exploitation sylvicole légitime, dans un état de droit (Canada) qui plus est, très sensible aux questions environnementales. Je ne serais pas surpris que dans ce pays, comme en France, les prélèvements annuel de bois soient inférieurs à la production de bois nouveau. Si quelqu'un avait l'information.
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fx
Je n'ai pas l'information en question. Mais j'en ai une autre, à propos du Canada, d'où je reviens ce matin. Ce pays était effectivement connu pour être sensible aux questions environnementales. Il a signé Kyoto, contrairement à Deubeliou. Mais les choses ont bien changé depuis qu'un gouvernement "libéral" est au pouvoir. Kyoto est oublié. Aux dernières nouvelles, il est prévu de quintupler la production de pétrole à partir de sables bitumineux en Alberta, au prix d'une pollution monstrueuse. Cette province du Canada ou vivent un million de canadiens (sur 30) est déjà responsable de la production de 37% des gaz à effet de serre du pays…