Big Brother entend la ville
Vous avez aimé les caméras de Big Brother, qui vous zyeutent dans les rues, le métro, partout ? Alors vous allez adorer les microphones qui pourraient devenir tout aussi envahissants. Sound Intelligence, appréciez le nom, est une société néerlandaise issue en 2000 des Laboratoires de biophysique et d’intelligence artificielle de l’Université d’État de Groningen. Peter van Hengel y a mis au point un logiciel qui prétend détecter de loin les agressions, rien qu’au son.
La voix humaine présente en cas d’agression une signature inimitable, explique le discours marketing. Viennent à l’esprit des images (sonores) de cris d’effroi hitchcockiens. Brrr… On est alors très surpris de lire un peu plus loin que le logiciel Sigard détecterait les « agressions verbales ». Ce ne serait donc pas la voix de la victime, mais celle de l’agresseur, qui serait détectée ? Une vidéo confirme cette impression. On y voit un policier de garde devant ses écrans de surveillance, dont l’attention est attirée par le logiciel en question lorsqu’il détecte un individu balançant à son interlocuteur un puissant « mother fucker ». Ce qui déclenche l’alarme et l’envoi illico d’une patrouille. Message délivré : ce truc détecte (peut-être) les coups de sang, certainement pas le meurtre de sang-froid.
Testé dès 2005 à Groningen, le logiciel Sigard y serait aujourd’hui opérationnel, de même que dans certains quartiers d’Amsterdam et de Rotterdam. Il aurait déjà facilité des arrestations. Dormez bien, braves gens, un logiciel veille sur la ville. Je ne sais pas pourquoi, mais je doute.
Via NewScientistTech.



Reader Comments (4)
Quant au film promotionnel, sur la forme, je le trouve bien réalisé avec une belle 3D, mais sur le fond, le cliché frôle souvent le ridicule :)
L'expérience à Amsterdam sera à suivre de près en tous cas (si toutefois le feedback est transparent) car finalement le peu de clients montre que beaucoup de villes doutent aussi...
Un précédent assez récent fut la "reconnaissance faciale" qu'une demi-douzaine de boîtes ont vendu à tours de bras dans l'après 11 septembre. Logiciels supposés reconnaître des personnes recherchées sur leur bobine, dans la rue ! Aux États-Unis, mais aussi en Grande-Bretage, où souvent les caméras étaient déjà installées, on a testé en vrai grandeur dans quelques villes. Beaucoup de papiers dans la presse, à l'époque. Depuis, plus rien. Je suis prêt à parier que ça ne marche pas très fort. Et que les ventes doivent stagner.
Problème majeur : les faux négatifs. "Désolé, Monsieur, mais le logiciel vous a pris pour Jack l'éventreur…" Second problème, il ne faut pas grand chose pour échapper à un tel logiciel : capuche, foulard…
C'est un peu ça, oui. Minority Report visait assez juste sur pas mal de choses secondaires, comme par exemple en ce qui concerne la reconnaissance de l'iris. Le point le plus faible, selon moi, c'était le point central : ces espèces de madame Irma aquatiques qui voyaient venir le Mal… ou faut-il dire le Malin ?