À propos de 250 impacts de plomb

En plein 13 heures de France Inter, ce dimanche 15 mars, la formule me fait sursauter : «250 impacts de plomb». À l’issue d’une guéguerre entre policiers et «jeunes», «on» aurait tiré au fusil de chasse sur la porte du commissariat de Montgeron (Essone). Et l’on tient à nous fournir cette précision chiffrée : 250 impacts de plomb ont été relevés. Ce détail qui tue a été ressassé un peu partout.
Chaque mot compte, dans ce métier qu’est le journalisme et je vois mal pourquoi les nombres feraient exception. Que veut dire ce «250» ? Quelle image mentale impose-t-il ? Il ne serait pas en train d’insinuer comme un interminable tac-tac-tac-tac-tac ? De nous signifier quelque chose comme : «dingue, il a été littéralement mitraillé, ce commissariat !».

Je ne suis pas le moins du monde chasseur, mais j’ai tout de même une vague idée de ce qu’est une cartouche, j’ai même une image en tête, celle d’un tube rempli de poudre, d’un truc appelé «bourre», et de… plombs. Au pluriel. Des petits plombs, des moyens, des gros, c’est selon… le gibier visé. Et figurez-vous que plus les plombs sont petits, plus il y en a. Combien au juste ? Aïe, pas de chasseur à enquiquiner le dimanche dans mon carnet d’adresse.

Google m’aide à comprendre qu’une cartouche assez ordinaire contient 32 grammes de plomb. Sur le web, j’apprends encore que les grains de plomb ont typiquement un diamètre de 4,25 mm (plomb n° 0) à 1,25 mm (n° 12). Les valeurs les plus courantes étant le numéro 5 (3 mm de diamètre) et le n° 6 (2,75mm). Premier prix chez Décathlon : 7,20 € la boîte de 25.

Et puis je tombe sur cette phrase, dans Wikipedia : «Une cartouche moyenne contient 200 à 300 billes de plomb…». Fichtre ! Ce commissariat aurait en fait essuyé une rafale d’une seule cartouche de fusil de chasse ? Par prudence, je cherche encore, je trouve d’autres chiffres, assez concordants.

Pour en avoir le cœur net, je calcule : le volume d’une sphère, c’est ∏D3/6, densité du plomb = 11,34… Et j’arrive à cette conclusion qu’une banale cartouche de 32 grammes peut effectivement contenir plus de 250 grains de plomb numéro 6.

Il semble donc que, tout occupés à colporter ce «250 impacts», bien des médias aient oublié de nous signaler qu’une seule cartouche suffisait à expliquer ce résultat. On vous dit «250», en fait c’est (sans doute) UN coup de feu : n’y aurait-il pas là comme un fâcheux glissement sémantique ?

Il y a pire. Au delà du faux sens, de l’effet impressionniste engendré par ce facteur 250, il y a carrément un contresens. Car si le mitrailleur de commissariat avait été très, très prudent, il aurait pu avoir l’idée de choisir un plomb vraiment très fin. Du numéro 10, par exemple, et alors c’est plus de 1000 impacts que l’on aurait relevé. Or, 1000 plombs numéro 10 sont moins dangereux que 250 en n° 6. Alors qu’à l’inverse, une cartouche chargée de «seulement» une centaine de plombs numéro 2 représente un danger infiniment plus grand. Demandez aux sangliers.

Soyons clair : je ne me prononce nullement sur les intentions des confrères qui ont inconsidérément joué avec ce «250». Je penche même plutôt pour un effet de ce que j’appelle le «journalisme non-scientifique». En France (mais pas seulement, je crains), un journaliste tout court est typiquement un «littéraire». Et notre système éducatif est ainsi fait qu’un littéraire est souvent allergique aux nombres, plus généralement au quantitatif. C’est un souci, à mon avis. Mais la profession en a d’autres.

Posted on lun. 16 mars 2009 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments37 Comments

La guerre au laser, c’est pour bientôt

Les militaires rêvent de laser depuis son invention en 1960. Cinquante ans plus tard, ce rêve devient réalité : les armes de guerre au laser arrivent, et à grands pas, au moins chez l’Oncle Sam. Le Pentagone a lancé des dizaines de programmes visant à la mise au point d’armes au laser de tous calibres. Certains arrivent à maturité. Suivez le guide !
Commençons par le Laser Avenger de Boeing, monté sur un véhicule léger, qui a démontré récemment (communiqué du 26 janvier), sur le site de White Sands Missile Range, au Nouveau Mexique, qu’il était capable de dézinguer un drone en vol. En 2007, le même engin avait déjà démontré ses talents pour la destruction à distance de mines artisanales et autres explosifs.

Chez Raytheon, on travaille sur le LADS (Laser Area Defence System), un engin installé sur un camion, capable de défendre une zone contre l’artillerie adverse en dégommant les obus à la volée, façon Luky Luke (vidéo). Le laser employé aurait une puissance de 50 kW. Le prototype a déjà démontré sa capacité à détruire des obus de 60 mm statiques, à une distance de 700 mètres. Reste à asservir ce laser avec un dispositif capable de détecter et viser les projectiles à la volée, ce que le constructeur propose déjà dans une version à projectiles classiques (Phalanx) pour la défense des navires.

Plus ambitieux, le HEL TD (High Energy Laser Technology Demonstrator) est un dispositif dit “counter-RAM” (rockets, artillery and mortars), c’est à dire capable de venir à bout tout à la fois des roquettes, de l’artillerie et des mortiers d’en face. Le Pentagone a confié ce projet à Boeing et Northrop Grumman. La puissance considérée pour le laser est cette fois d’au moins 100 kW. Les premiers essais sont prévus pour 2010, les tests sur cibles réelles en 2013, pour un fonctionnement opérationnel en 2015. Plus lourd que le LADS, le HEL TD devrait être installé sur véhicule de type HEMTT (Heavy Expanded Mobility Tactical Truck).

Mais la guerre au laser sur le plancher des vaches, ce n’est pas très glamour. C’est du ciel que viendra le feu d’artifice. Démarré en 2002, le projet ATL (Advanced Tactical Laser) consiste à installer dans un Lockheed C-130 Hercules un laser chimique de 5,5 tonnes, d’une puissance estimée à une centaine de kW. L’avion pourrait ainsi zapper des cibles au sol jusqu’à 20 Km de distance. En modulant la puissance du laser, l’ATL pourrait aussi bien crever un pneu d’une Jeep que la détruire. C’est à nouveau Boeing qui est derrière ce projet. Le premier test au sol de l’ATL a eu lieu en août 2008.
Pas sûr que ce projet aboutisse, car on fait actuellement des progrès considérables en matière de rapport puissance sur poids des lasers. Dans ce domaine, le dernier cri, c’est le Hellads (High Energy Liquid Laser Area Defense System) de Textron : de la taille d’un gros frigo et pesant 750 kilos, ce laser d’un nouveau type développe 150 kW. Le rapport puissance sur poids serait dix fois supérieur à ce que ce qui se faisait jusqu’à présent. Hellads pourrait du coup être installé sur un avion de chasse. Textron vient d’obtenir en décembre un contrat de 21 M$ de la Darpa (Defense Advanced Research Projects Agency) pour mettre au point ce laser.

Last but not least, il y a l’ABL (Airborne Laser). Du lourd. Ce projet lancé en 1994 a déjà coûté plus de 4 milliards de dollars. Il consiste à embarquer un laser chimique d’une puissance de l’ordre du mégawatt sur un Boeing 747. C’est une coproduction entre Northrop Grumman (laser), Boeing (porteur, système de commande) et Lockheed Martin pour le dispositif de pointage dans le nez de l’avion. Sa mission : tuer des missiles (vidéo), mais aussi des avions, voire des satellites en orbite basse. Les tests au sol ont démarré l’année dernière, le premier tir sur cible en vol est prévu pour cet été.

La liste des projets financés par le Pentagone est longue. On pourrait encore citer les Firestrike et Skyguard (vidéo) de Northrop Grumman, ou le Centurion de Raytheon. Le laser au lieu des pétoires d’hier, un “progrès” pour qui ? Sans aucun doute pour les actionnaires de Boeing, Northrop Grumman et autres Lockheed Martin… Peut-être même que pour ceux qui seront du côté de la gâchette, le tir au laser sera plus rigolo. Mais en face, est-ce que l’on saura apprécier à sa juste valeur le progrès accompli par l’humanité en remplaçant le plomb et la poudre par le rayon de la mort qui tue ? Ou pas, d’ailleurs, c’est un argument qui revient souvent. Et si ça se trouve, la guerre au laser, c’est mieux pour la planète ;-p

Posted on jeu. 12 févr. 2009 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments19 Comments

La carte Navigo belge crache le morceau

Les dévots de la puce RFID ont encore frappé. En Belgique. La STIB, qui est à Bruxelles ce que la RATP est à Paris, a lancé l’année dernière sa carte Mobib, proche de la Navigo, bien connue des franciliens. On découvre aujourd’hui que cette Mobib est un mouchard inquiétant, puisqu’un geek saura lui faire avouer les trois derniers trajets effectués par son titulaire.

Cette carte contient une puce RFID, du même genre que celle de notre Navigo. Une puce capable de dialoguer à distance avec les lecteurs RFID installés dans les portillons d’accès au réseau de transport. Officiellement, la carte Navigo ne fournit aux bornes qu’un simple identifiant. Ce qui suffit largement à scandaliser les défenseurs des libertés publiques. En effet, la RATP peut faire le lien avec l’identité du porteur, et par ailleurs les trajets effectués, en théorie mémorisés pendant 48 heures. Hypocritement, l’anonymat est prévu, en option, mais c’est plus cher.

C’est une histoire bien plus grave que l’on découvre en Belgique. La puce RFID de la carte bruxelloise contient elle-même, non seulement l’identité du porteur, sa date de naissance et son code postal, mais encore le détail des trois derniers trajets effectués. En clair. Pour obtenir ces informations, un collègue, un employeur, un conjoint, n’importe quel curieux bricoleur devra simplement se procurer un lecteur de carte RFID et un logiciel. Et puisque la puce RFID est «sans contact», il pourra même opérer à quelque distance, lire une carte à l’insu de son titulaire, au fond d’une poche, d’un sac à main.

Ce joli petit scandale a été révélé par une équipe de chercheurs du GSI (Groupe sécurité de l’information) de l’Université catholique de Louvain, dirigée par le Français Gildas Avoine. Leur communiqué apporte d’ailleurs la preuve de ce qu’il avance, en proposant un logiciel capable de faire parler une carte Mobib et de visualiser sur une carte les trois derniers trajets effectués. La même équipe avait démontré en juin 2007 que les passeports belges à puce RFID étaient particulièrement bavards.

On se demande comment on peut en arriver là. Comment on peut commander, concevoir, réaliser, livrer, accepter, mettre en route une application informatique aussi calamiteuse. On hésite : bêtise ou méchanceté ? On a du mal à imaginer qu’une erreur de conception aussi énorme puisse résulter d’une volonté délibérée de faciliter le travail des curieux. Mais sinon, c’est encore plus fou : ils ne l’auraient même pas fait exprès ?

Sous réserve d’inventaire, cette boulette qui en rappelle tant d’autres pourrait bien résulter, notamment, d’un syndrome qui ne sévit pas qu’en Belgique, loin s’en faut. N’est-ce pas le même genre de technolâtrie inconséquente qui a permis à d’autres technocrates de se faire croire que la démocratie gagnerait à remplacer au plus vite l’urne par un ordinateur, infiniment plus piratable ? Ou que nos passeports seraient plus sûrs, si on les dotait d’une puce RFID, bavarde et clonable. Et d’une couche de biométrie, alors qu’un enfant de dix ans peut fabriquer une fausse empreinte digitale.

Posted on jeu. 8 janv. 2009 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments19 Comments

La rétine artificielle en bonne voie

Un article sur le site Physorg.com fait le point sur l’état d’avancement du Artificial Retina Project, piloté par le DOE (Department of Energy), le CEA états-unien. C’est le programme le plus avancé en matière d’œil bionique. Nous en avons déjà parlé ici. On trouvera ici une courte vidéo présentant la chose et là une plus longue. Le tout en anglais. Too bad.

Le papier rappelle que leur premier prototype de rétine artificielle, Argus One, a été testé à partir de 2002 sur 6 volontaire. Dont Terry Byland (photo). Elle comportait seulement 16 pixels, mais a néanmoins permis de tester les grandes lignes du concept tout en apportant un petit peu de lumière à des personnes plongées dans le noir, du fait d’une dégénérescence rétinienne. Elles ont pu à nouveau repérer portes et fenêtres, éviter des obstacles majeurs, et même lire des caractères de 30 cm de haut.

Le second prototype, Argus II, comporte 60 pixels mais est plus compact. Il a été testé depuis 2007 sur 17 volontaires, dont au moins un en France à ma connaissance, implanté au début 2008 par le Pr José-Alain Sahel, directeur scientifique de l’Institut de la Vision (Hôpital des Quinze-Vingt, Paris), entre autres. Les progrès obtenus seraient très encourageants. Les patients pourraient suivre un trait sur le sol, voir une porte à 6 mètres de distance.

Quelques détails sont donnés sur le troisième prototype, qui est bien avancé et dont les premiers essais cliniques sont prévus pour 2011. Encore plus discret, il offre une définition de « plus de 200 pixels ». Et l’on annonce déjà un objectif à plus long terme de 1000 pixels.

On le voit, la high-tech n’est pas loin de pouvoir rendre un peu de vue à certains aveugles. D’autant que l’on explore actuellement une demi-douzaine d’approches différentes pour obtenir ce résultat. Outre l’œil bionique, on travaille sur des hypothèses dites cellulaires (injection de cellules souches), génétiques (injection d’un gène corrigeant la déficience à l’origine de la cécité), protéiniques…

Un chercheur suisse a même présenté il y a peu une solution tout à fait surprenante. Botond Roska, du Friedrich Miescher Institute for Biomedical Research de Bâle, a introduit dans la rétine d’une souris aveugle, à l’aide d’un virus, une protéine (dite channelrhodopsin) qui a transformé en photorécepteurs des neurones dits « bipolaires », dont le rôle habituel est tout autre, puisqu’ils jouent plutôt les intermédiaires. Ce bricolage a permis à la souris de revoir un chouïa. Une raison de plus d’être optimiste.

Je prends des paris, Jésus peut aller se rhabiller, la science est en passe de rendre la vue aux aveugles. Enfin, à ceux qui auront les moyens, ou une bonne sécu. Car il y a déjà 50 millions d’être humains aveugles dans le monde, victimes d’une banale cataracte (opacification du cristallin), qui pourraient recouvrer la vue s’ils pouvaient s’offrir une opération à deux balles, banale par chez nous.

Posted on mer. 31 déc. 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | CommentsPost a Comment

L'éolien d'altitude prend le vent… de haut

La puissance totale des vents sur Terre représente deux ou trois petawatts (peta = million de milliards), à peu près 200 fois notre consommation totale d’énergie (14 terawatts). Mais l’essentiel du vent souffle… en l’air. Le meilleur se trouve à 10 000 mètres. Là-haut, sa vitesse moyenne atteint 160 Km/h… contre 12 Km/h ici bas. Déjà, à 800 mètres d’altitude, il y a quatre fois plus d’énergie à récolter qu’à 80 mètres, là où tournent nos éoliennes. Les vents d’altitude sont aussi plus réguliers. On peut espérer, sur le long terme, tirer 90% de la puissance crête d’une éolienne, à 10 000 mètres, quand on doit souvent se contenter de 30% au sol.

Après être allé chercher le vent en mer, on ira le chercher en l’air. C’est ce que tentent quelques pionniers. L’un des plus acharnés est Bryan Roberts, un ingénieur et professeur australien qui travaille sur le sujet depuis 1979 (photo, vidéo). Son prototype est une sorte d’hélicoptère captif. Ses rotors sont mus par des moteurs électriques jouant un double jeu. Alimentés via l’ombilic de l’engin, ils le font grimper jusqu’à son altitude de croisière. C’est alors le vent qui le porte et fait tourner ses pales, les moteurs devenant générateurs électriques.
Depuis quelques années, l’Australien est installé à San Diego (Californie) où il a co-fondé la société Sky WindPower. Il cherche à financer la construction d’un prototype dont les quatre rotors de 11 mètres de diamètre produiraient 240 kW à 4600 mètres d’altitude (simulation).

D’autres parient sur le cerf-volant, «kite» en anglo-saxon. Ainsi en Hollande, à l’Université technologique de Delft, Wubbo Ockels (par ailleurs astronaute, il a volé sur Challenger en 1985) concocte une sorte de noria de cerfs-volants qu’il appelle Laddermill. En attendant mieux, il teste (vidéo) un dispositif utilisant un unique kite de 10 m2, et produisant 10 kW.

En Italie, à Milan, Massimo Ippolito porte sur ses épaules depuis 1983 le projet Kite Gen, qui est devenu une entreprise. Cette fois, c’est un vaste manège horizontal qui serait entraîné par des cerfs-volants. L’équipe a procédé en 2007 à ses premiers essais (vidéo) de production d’électricité à l’aide d’un kite.

Pour comprendre le principe de base de ces drôles de machine, on peut profiter des vidéos fort pédagogiques (malheureusement en anglais) que nous offre une joyeuse bande d’étudiants-chercheurs du Worcester Polytechnic Institute, dans le Massachusetts, sous la direction du professeur David Olinger. Leur prototype WPI Kite Power, d’une remarquable simplicité, produit un kilowatt à partir d’un mouvement alternatif engendré par un kite. Une version améliorée de cet engin devrait être installée en 2010 dans un village de Namibie.

L’éolien d’altitude passait jusqu’à peu pour une idée farfelue qui passionnait quelques doux dingues. Les choses ont changé radicalement depuis que Google a investi dix millions de dollars en 2006 lors de la création d’une start-up nommé Makani Power (vent en hawaïen). Cet été, le même Google a injecté cinq autres millions de dollars dans cette entreprise très discrète, basée à Alameda, de l’autre côté de la baie de San Francisco. Quelques indices permettent de penser qu’elle travaille bien sur un dispositif à cerf-volant. Dont cette image issue d’un site officiel de Google.

Enfin, une troisième approche du problème est déjà bien explorée par le canadien Magenn, dont nous parlions ici, qui espère commercialiser dans un an ou deux ses ballons gonflés à l’hélium en forme de roue à aube. Citons encore, pour être complet, les étranges projets d’éoliennes reptiliennes de Doug Selsam, déjà évoqués ici.

Posted on lun. 10 nov. 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments8 Comments

Lost in (hi-tech) translation

La traduction high-tech a encore frappé. C’est le site de la BBC qui nous offre ce bug de toute beauté. Cela se passe à Swansea, au Pays de Galles. Ce panneau bilingue, anglais-gallois, comme le veut la règlementation locale, n’est pas resté longtemps en place. Et pour cause. En anglais, il dit que, non, les camions ne doivent pas aller par là, vu que le quartier est résidentiel. En gallois, il explique : «Je ne suis pas à mon bureau actuellement. N’hésitez pas à envoyer vos textes à traduire.» Ce qui fait un peu désordre. On devine ce qui s’est passé : un employé de la voierie a envoyé le texte à traduire au traducteur maison, et il a reçu en retour un mail automatique signalant que ce dernier était absent. Le tout en gallois. Via Presse-citron

Ce dérapage “Aïe ! tech” me fait penser à un bug (vu ici) d’un genre un peu différent, qui m’avait fait hurler de rire, cet été. Cela se passe en Chine, en plein préparatifs olympiques. Ce restaurant voulait parler en anglais aux visiteurs du monde entier. Il a fait appel à la traduction automatique… 

Posted on dim. 2 nov. 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments3 Comments

Big Brother peut capter votre clavier

Deux chercheurs en sécurité informatique du Lasec (Security and Cryprography Laboratory), à l’EPFL (École polytechnique fédérale de Lausanne), viennent de montrer qu’il est vraiment très facile d’espionner à distance un clavier ordinaire, filaire. Selon la taille et la sophistication de l’antenne utilisée, jusqu’à une distance de 20 mètres. Y compris, bien sûr, à travers un mur. Le sujet n’est pas neuf, mais ces travaux remettent les pendules à l’heure.
Car il n’est pas nécessaire qu’un bidule soit «sans-fil» pour qu’il émette des rayonnements électromagnétiques, autrement dit des ondes. Sans le faire exprès. En fait, tous les claviers avec fil du commerce en émettent. Au point qu’il suffit d’une antenne, d’une électronique et d’un logiciel ad hoc pour y retrouver de quoi identifier chaque caractère tapé au clavier.
Martin Vuagnoux et Sylvain Pasini ont testé quatre techniques d’attaque différentes, sur onze claviers du commerce, d’époques variées. Ils ont réussi à espionner chacun d’entre eux à l’aide de l’une au moins de ces quatre méthodes. Deux vidéos (désolé, en anglais) montrent respectivement une attaque réalisée à un mètre de distance avec une antenne simplette, et une autre de loin à travers un mur, via une antenne plus sophistiquée.
Conséquence : tout ce que vous tapez sur votre clavier peut être écouté depuis une camionnette stationnée de l’autre côté de la rue. Lorsque vous tapez votre mot de passe sur le clavier d’un distributeur de billets : idem.
Voici une nouvelle comme je les aime, du genre qui montre où sont les vrais problèmes. Pour vous protéger contre Big Brother, vous chiffrez vos communications sur Internet ? On peut vous écouter en amont, chez vous. Vous évitez les claviers sans fil, parce qu’ils émettent des ondes ? Votre clavier filaire aussi. Via Slashdot

Posted on mar. 28 oct. 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments10 Comments

La science fictive des Bogdanov

Une «nouvelle émission scientifique», qu’ils disaient. J’ai regardé ce premier Science X, stoïquement, de la première à la dernière minute. J’ai vu beaucoup de science-fiction, et de la plus éculée. Et de la prospective de comptoir à grand coups de «Demain, ma brave dame, sûrement que…» Par exemple, «on vivra 150 ans», l’une des éternelles fixettes des faux jumeaux. Et encore un reportage comme si on y était sur l’exoplanète Gliese 581 d, située à 20 années-lumière d’ici. On ne sait pratiquement rien sur elle… mais combien de téléspectateurs auront compris que ces images étaient pure fiction ?
Bref, du facile, de la grosse ficelle. Contenu scientifique proche du zéro absolu, coupables approximations à tous les étages, le tout emballé dans du papier chocolat pour faire demain, servi sur un plateau mégalo peuplé d’un carnaval emprunté à Star Wars. En plus toc. Et les deux grotesques, au milieu de tout ça, toujours aussi robot dans leur gestuelle figée, toujours aussi pipeau dans leurs effets de manche à deux balles. Et toujours dans leur combinaison spatiale de mardi gras. Du Temps X après la lettre.
Bien sûr, si France 2 a choisi Igor et Grichka Bogdanov pour créer cette «nouvelle» «émission scientifique», cela n’a rien à voir avec le fait que, comme le signalent les intéressés ici, ils travaillent depuis 2001, pour l’illustration sonore, avec un certain Pierre Sarkozy, fils de Nicolas. Sûrement que ça s’est trouvé comme ça…

En fait, la direction de la chaîne a dû penser à eux en voyant leur prestation sur TF1, en mars dernier, dans le «Qui veut gagner des millions ?» spécial Sidaction. Ils ont plafonné à 1500 €, en se vautrant sur une question un peu trop scientifique pour eux ! Le basilic vert, un lézard d’Amérique centrale qui marche sur l’eau, ça ne leur disait rien… Pourtant Grichka prétendit ensuite en avoir vu à Fontainebleau… Du délire ! Auparavant, ils avaient pataugé dans le principe d’Archimède, se demandant si la poussée de bas en haut est égale à une ou deux fois le «poids du volume d’eau déplacé». Grandiose !

Ou alors, France 2 a pu estimer que pour une telle émission, il fallait au moins des professeurs d’université. Or il est temps que cela se sache, les Bogdanov sont tous deux professeurs à l’Université de Bourgogne ! Trop modestes, les intéressés ne le crient pas sur les toits, mais on peut découvrir cette information sur le site de l’Université Megatrend (copie d’écran) de Belgrade (Serbie), où les frères seraient également professeurs. Notez que tous les «professeurs étrangers» de cette liste sont d’abord professeurs ailleurs. Il fallait donc logiquement que les Bogdanov exhibent une chaire en France pour s’y retrouver.
Mais bizarrement, ils ne se sont jamais vanté d’enseigner à l’Université de Bourgogne, celle là-même où ils ont obtenu leur fabuleuse thèse (dont nous avons déjà parlé ici). D’ailleurs, l’Université de Bourgogne elle-même n’est pas au courant : sur leur annuaire, pas trace du moindre Bogdanov.

Diantre, est-ce que cette information serait…prématurée ? Comme l’était déjà l’annonce de leur titre de docteur sur la quatrième de couverture de leur livre (Dieu et la science) publié en 1991, soit 11 et 8 ans, respectivement, avant la soutenance de la thèse d’Igor et de celle de Grichka. Une erreur de l’éditeur, avaient bredouillé les faux docteurs.

Pourtant, six ans plus tôt, déjà, en 1985, les mêmes se donnaient du «docteur en astrophysique» dans une interview de Paris Match. Sans doute le journaliste avait-il entendu des voix. Décidément, ces deux-là n’ont vraiment pas de bol.
«On» ne cesse de leur attribuer des diplômes qu’ils n’ont pas, et après on s’étonne qu’ils aient la grosse tête ! À ce propos, il est très désobligeant de supposer, comme je le lis un peu partout, que les proéminences des Bogdanov relèveraient de la chirurgie esthétique. Pourquoi auraient-ils fait une chose pareille ? Rien que pour passer plus souvent sur les plateaux de télé les plus distingués, comme ceux de Cauet ou Ruquier ? Grotesque.
Il y a des explications plus simples. Ils auraient pu, par exemple, forcer un peu sur l’hormone de croissance. Suite à des études largement contestées depuis, deux catégories de fondus faisaient joujou avec, dans les années 1990 : les adeptes de la gonflette et les accros à l’éternelle jeunesse. Or l’abus de cette hormone provoque une croissance exagérée de certains os, à commencer par ceux de la mâchoire inférieure. Voilà pourquoi tant de sportifs et bodybuildés arboraient à une époque des mandibules surdimensionnées. Est-ce que les Bogdanov, tout à leur désir impérieux d’atteindre les 150 ans, auraient dépassé la dose prescrite ? Après tout, c’est leur droit le plus strict de prêter leur corps à la science…

Posted on dim. 26 oct. 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments40 Comments

Vendredi, c'est aujourd'hui !

 

Vendredi est une sorte de journal en papier furieusement vertical, comme une homepage, qui devrait nous offrir chaque semaine, devinez quel jour, une sélection de textes récoltés aux meilleures adresses du web.
Ce qu’il y a dans le numéro un ? Non mais je rêve, vous ne voudriez pas que je vous balance à l’œil des trucs que vous pourriez apprendre en payant 1,50 € pour un numéro en papier de Vendredi ?
Cela dit, mon petit doigt, qui est 3G+, me dit que les limiers de Vendredi auraient réalisé une jolie webenquête (exclusivement sur le Net, donc) sur la spéculation dans l’éolien. Faut voir…
Un truc qui ne serait vraiment pas bien, ce serait de cliquer ici pour aller visiter le site web de Vendredi au lieu de filer en direction du kiosque le plus proche pour acheter un vrai Vendredi en papier.
Si je vous parle de Vendredi, c’est parce que j’ai des potes embarqués dans cette folle aventure et que je voudrais pouvoir déjeuner avec eux sans être obligé de payer toute l’addition ;-p
Et puis zut, quoi, lancer un journal en papier le 17 octobre 2008, tandis que le Titanic de l’économie mondiale sombre, moi je trouve que c’est beau comme du cinéma en 70 mm. Et ça mérite bien quelques encouragements. 

Je vous ai dit qu’il s’appelait Vendredi ?

Posted on ven. 17 oct. 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments4 Comments

Vélo électrique : la Green Wheel du MIT se charge en freinant

Le MIT a annoncé hier, vendredi 10/10, un nouveau projet, SmartBiking, visant à faciliter encore l’usage de la bicyclette, déjà omniprésente, à Copenhague, dans le cadre de la prochaine conférence de l’ONU sur le changement climatique qui doit avoir lieu en novembre 2009 dans la capitale danoise. L’axe principal de cette initiative est la communication entre cyclistes, qui pourront échanger des informations et leurs positions relatives.
Mais un autre volet de ce projet doit aboutir à la mise au point d’une solution d’assistance électrique du vélo intégrant la récupération de l’énergie de freinage. Ce qui devrait se traduire par une consommation électrique réduite. Le laboratoire SENSEable City Lab, qui pilote ce projet, n’a communiqué que très peu d’informations pour l’instant sur ce Smart Biking Green Wheel system. La seule précision utile que l’on puisse ajouter au schéma ci-dessus, c’est que tout est là, dans le moyeu de la roue arrière, y compris la batterie. Pratique, non ? Surtout si l’on considère qu’une telle approche permet d’envisager de motoriser pratiquement n’importe quel vélo existant.
Rappelons que le vélo à assistance électrique, en amplifiant l’effort musculaire, permet à un cycliste lambda de se lancer sur des trajets qu’il ne pourrait ou voudrait effectuer à la seule force de ses jambes. Et cela pour un coût énergétique modeste. L’assistance électrique permet donc au vélo de concurrencer moto et auto sur de nouveaux territoires. 

Posted on sam. 11 oct. 2008 by Registered CommenterPierre Vandeginste in | Comments24 Comments
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